Arbres persistants à croissance rapide
Eucalyptus, pin noir, thuya géant : les persistants qui poussent vite en Bretagne, ceux qui craignent le vent et ceux qui sont plus lents qu'on le dit.
Ce qu'il faut retenir :
- Peu de persistants poussent vraiment vite : eucalyptus gunnii, pin noir d'Autriche et thuya géant atteignent leur taille maximale (plus de 12 m) en 10 à 20 ans, alors que le cèdre bleu de l'Atlas et le chêne vert demandent 20 à 50 ans.
- Un persistant garde son feuillage en hiver, donc sa prise au vent : lors de la tempête Ciarán, en novembre 2023, les pins ont surtout cassé et les épicéas et douglas ont été renversés.
- Près de la mer, le pin noir d'Autriche supporte le vent salé, alors que l'eucalyptus gunnii et le pittosporum demandent un site abrité.
- Un arbre qui dépassera 2 m se plante à 2 m au moins de la limite du voisin, quelle que soit l'essence.
Les arbres persistants qui poussent vraiment vite sont peu nombreux. En jardin, l’eucalyptus gunnii, le pin noir d’Autriche et le thuya géant atteignent leur taille maximale, supérieure à 12 m, en 10 à 20 ans, d’après les fiches de la Royal Horticultural Society. Ils isolent des regards et du vent toute l’année, mais deviennent grands très vite. Si vous cherchez surtout un écran moins haut et plus facile à tailler, une haie qui pousse vite est un meilleur choix.
Le cyprès de Lambert et le pin maritime, eux aussi persistants et rapides, sont détaillés dans notre article sur les arbres à croissance rapide. Celui-ci s’intéresse à ceux qui gardent leurs feuilles, à ce que le vent leur fait en hiver, et à ceux qui promettent plus qu’ils ne tiennent.
Les persistants rapides, et ceux qui sont plus lents qu’on ne le dit
Le tableau compare six persistants à partir des fiches de la RHS, un organisme britannique dont le climat océanique ressemble à celui de la Bretagne. Cet organisme indique la hauteur maximale d’une essence et le temps pour l’atteindre. Ce temps mesure l’arrivée à la taille maximale, pas la vitesse des premières années, puisqu’un arbre qui doit atteindre 30 m peut grimper vite sans y parvenir en 20 ans.
Filtrer les arbres persistants
| Arbre | Hauteur maximale | Temps pour l'atteindre | Vent et embruns | Sol et lumière |
|---|---|---|---|---|
| Eucalyptus gunnii | Plus de 12 m | 10 à 20 ans | Site abrité | Tous sols, plein soleil |
| Pin noir d'Autriche | Plus de 12 m | 10 à 20 ans | Supporte le vent salé | Sols pauvres et secs, plein soleil |
| Thuya géant (Thuja plicata) | Plus de 12 m, jusqu'à 35 m | 10 à 20 ans | Exposé ou abrité | Tous sols, soleil ou mi-ombre |
| Pittosporum tenuifolium | 4 à 8 m | 10 à 20 ans | Site abrité, convient aux jardins côtiers | Craie, limon ou sable, soleil ou mi-ombre |
| Cèdre bleu de l'Atlas | Plus de 12 m | 20 à 50 ans | Exposé ou abrité | Sol bien drainé, plein soleil |
| Chêne vert | Plus de 12 m | 20 à 50 ans | Exposé ou abrité, utilisable en haie en zone côtière | Tous sols, soleil ou mi-ombre |
Hauteur maximale, temps pour l'atteindre et exposition : fiches de la Royal Horticultural Society (rhs.org.uk), consultées le 8 octobre 2026. « Plus de 12 m » est la catégorie la plus haute de son classement, pas une mesure ; le thuya géant peut atteindre 35 m.
Trois arbres montent vite et finissent très grands, l’eucalyptus gunnii, le pin noir d’Autriche et le thuya géant. Le pittosporum tenuifolium, lui, reste un petit arbre de 4 à 8 m, ce qui le réserve aux jardins où l’on veut un persistant sans gabarit. À l’inverse, le cèdre bleu de l’Atlas et le chêne vert, souvent cités parmi les persistants, mettent 20 à 50 ans à atteindre leur taille, et on les plante pour la durée plutôt que pour gagner du temps.
Le vent, la mer et ce que la tempête Ciarán a montré
Un persistant garde son feuillage tout l’hiver, donc sa prise au vent pendant les tempêtes. Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2023, des rafales dépassant localement 200 km/h ont traversé l’ouest de la Bretagne, et l’ouest des Côtes-d’Armor figure parmi les secteurs les plus touchés, selon le bilan de la santé des forêts en Bretagne pour 2023, publié par le Département de la santé des forêts. Les pins, principalement le maritime, ont surtout subi des volis, c’est-à-dire des troncs cassés plus ou moins haut, tandis que les épicéas et les douglas ont été majoritairement renversés. Les feuillus, encore en feuilles à cette date, ont offert une prise au vent très importante et ont donné de nombreux chablis et bris de cimes.
Ce bilan concerne des peuplements forestiers et non des arbres de jardin, mais il rappelle qu’aucune essence n’est à l’abri d’une tempête de cette force, et que le risque grandit avec la hauteur. Il est donc prudent de laisser entre l’arbre et la maison au moins sa hauteur adulte, ce qui protège aussi des racines sur un sol argileux. Près de la côte, le choix compte encore davantage, puisque la RHS indique que le pin noir d’Autriche tolère le vent salé et les sols pauvres, alors que l’eucalyptus gunnii et le pittosporum demandent un site abrité. Notre guide des plantes de bord de mer détaille ce qui résiste au vent salé en première ligne.
Les distances à respecter chez soi
Un persistant projette la même ombre en hiver qu’en été, ce qui pèse sur la lumière de la maison comme sur celle du voisin. Un arbre qui dépassera 2 m se plante à 2 m au moins de la limite du voisin, quelle que soit l’essence, d’après l’article 671 du Code civil. Notre article sur le choix d’un arbre pour un petit jardin détaille ces distances, la façon de les mesurer et ce que risque celui qui ne les respecte pas. Avec un arbre qui peut dépasser 12 m, mieux vaut faire le calcul avant d’acheter, car on ne rattrape pas une mauvaise implantation sans abattre.
Se faire accompagner
Choisir un persistant se joue sur la place disponible, l’exposition au vent, le sol et le voisinage. Un paysagiste peut vérifier ces points sur votre terrain, proposer l’essence qui tiendra dans vingt ans sans taille drastique, et la planter dans de bonnes conditions, au bon endroit et avec le bon tuteurage.