Arbres à croissance rapide : lesquels choisir ?
Arbres à croissance rapide adaptés à la Bretagne : pousse par an, hauteur adulte, sol, vent, et les pièges à éviter près de la maison.
Ce qu'il faut retenir :
- Les arbres qui poussent le plus vite en Bretagne gagnent 50 cm à plus d'un mètre par an : saules, aulne, bouleau, cyprès de Lambert, pin maritime, érable sycomore.
- La hauteur adulte compte plus que la vitesse : un arbre rapide devient souvent grand. Vérifiez qu'il tient dans votre terrain avant de l'acheter.
- Un arbre qui pousse vite boit beaucoup. Sur sol argileux, gardez au moins sa hauteur adulte entre l'arbre et la maison.
- L'érable negundo et l'ailante poussent très vite, mais figurent sur les listes d'espèces exotiques envahissantes : à éviter.
Les arbres qui poussent le plus vite dans un jardin breton sont les saules, l’aulne glutineux, le bouleau, le pin maritime, le cyprès de Lambert et l’érable sycomore, avec 50 cm à plus d’un mètre de pousse par an une fois installés. Le climat doux et humide des Côtes-d’Armor leur convient bien, ce qui joue dans les deux sens : ils grandissent vite, mais ils deviennent aussi grands vite. Avant la vitesse, trois critères décident du bon choix : la hauteur que l’arbre atteindra adulte, la nature de votre sol et votre exposition au vent. Et si vous cherchez seulement à cacher un vis-à-vis, une haie qui pousse vite sera souvent plus adaptée qu’un arbre. Pour un arbre qui garde ses feuilles toute l’année, notre article sur les arbres persistants à croissance rapide compare six essences.
Comparatif des arbres à croissance rapide
Utilisez les filtres pour n’afficher que les arbres qui correspondent à votre terrain. Si vous habitez sur la côte, complétez ce choix avec notre guide des plantes de bord de mer, qui couvre les massifs et les haies exposés aux embruns.
Filtrer les arbres
| Arbre | Pousse / an | Hauteur adulte | Sol | Vent et embruns |
|---|---|---|---|---|
| Saule blanc | souvent plus de 1 m | 15 à 20 m | Frais à humide | Bon |
| Aulne glutineux | 60 cm à 1 m | 15 à 25 m | Humide, même pauvre | Bon |
| Bouleau verruqueux | 50 à 80 cm | 15 à 20 m | Léger, acide, bien drainé | Bon |
| Cyprès de Lambert | 80 cm à 1 m | 20 à 25 m | Tous sols drainés | Excellent |
| Pin maritime | 50 à 80 cm | 20 à 30 m | Sableux, acide | Excellent |
| Érable sycomore | 50 à 70 cm | 20 à 30 m | Tous sols frais | Très bon |
| Merisier | 50 à 80 cm | 15 à 20 m | Frais, profond | Moyen |
| Catalpa | 50 à 80 cm | 10 à 15 m | Tous sols frais | Faible (bois cassant) |
| Paulownia | 1 à 2 m les premières années | 10 à 15 m | Profond, drainé | Faible (grandes feuilles) |
| Sorbier des oiseleurs | 30 à 50 cm | 8 à 12 m | Léger, acide | Bon |
Vitesses et hauteurs indicatives pour un arbre installé, relevées dans les catalogues de pépiniéristes. La pousse réelle dépend du sol, de l'exposition et de l'arrosage les premières années. Le sorbier pousse moins vite que les autres, mais c'est l'un des rares arbres rapides à rester à l'échelle d'un petit jardin.
Vitesse ou taille : le vrai critère
Un arbre qui gagne un mètre par an n’est pas fait pour s’arrêter à cinq mètres. La plupart des essences du tableau dépassent 15 ou 20 mètres à l’âge adulte, avec une couronne de 8 à 15 mètres de large. Dans un jardin de lotissement, c’est la hauteur adulte qu’il faut regarder en premier, puis la vitesse.
C’est aussi la différence avec une haie. Une haie se taille chaque année et reste à la hauteur qu’on lui donne ; un arbre se laisse pousser, et le tailler pour le contenir l’abîme et le fragilise. Si votre objectif est de masquer un vis-à-vis à deux ou trois mètres de haut, la haie reste la bonne solution. Si vous cherchez de l’ombre, une silhouette ou un abri pour les oiseaux, l’arbre a tout son sens, à condition de lui laisser la place. Pour l’ombre, notre article sur l’arbre d’ombrage pour un petit jardin calcule la longueur de l’ombre selon la saison et compare cinq essences.
Les arbres très rapides ont en outre un bois plus tendre. Le catalpa, le paulownia ou les saules cassent plus facilement sous un coup de vent qu’un chêne ou un charme, qui poussent lentement mais durent un siècle. Sur un terrain exposé, une essence un peu moins rapide mais plus solide est souvent le meilleur calcul.
Littoral ou intérieur des terres
Sur la côte (Plérin, Pordic, Binic-Étables, Erquy…), le vent chargé de sel écarte une bonne partie des arbres d’ornement. Le cyprès de Lambert, le pin maritime et l’érable sycomore sont les arbres rapides qui y tiennent le mieux : ce sont eux qu’on voit sur les pointes et en bordure de dunes. Le paulownia et le catalpa, avec leurs grandes feuilles, y souffrent beaucoup.
À l’intérieur des terres (Ploufragan, Plédran, Lamballe, Quintin…), les sols limoneux ou argileux restent frais en hiver. Les essences du bocage breton y sont chez elles : bouleau sur les terrains légers, aulne et saules dans les fonds humides, merisier sur les sols profonds. Elles poussent vite sans arrosage une fois installées, et accueillent oiseaux et insectes.
Les arbres rapides à éviter
Deux arbres reviennent souvent dans les listes « croissance rapide » alors qu’ils posent problème. L’érable negundo et l’ailante (ou faux vernis du Japon) poussent effectivement très vite, mais ils sont classés parmi les espèces exotiques envahissantes en France : ils se ressèment ou drageonnent abondamment et colonisent les friches, les berges et les terrains voisins. L’ailante est en outre très difficile à éliminer une fois installé, car il repart de ses racines.
Les peupliers et les grands saules posent un autre problème : leurs racines vont loin chercher l’eau. Ils ont leur place au fond d’un grand terrain humide, jamais près d’une maison, d’une fosse septique ou de canalisations.
Près de la maison : attention au sol argileux
Un arbre qui pousse vite consomme beaucoup d’eau. Sur un sol argileux, cette eau pompée sous les fondations fait se rétracter l’argile pendant les étés secs, et la maison peut se fissurer. Le ministère de la Transition écologique, sur Géorisques, recommande de ne pas planter d’arbre à une distance de la maison inférieure à sa hauteur adulte dans les zones exposées, ou d’installer un écran anti-racines. Le même site permet de vérifier, adresse par adresse, si votre terrain est concerné.
« du fait de la présence d'un arbre à proximité de la maison, le péril de sécheresse ne peut être retenu »
Sur le forum de l'UFC-Que Choisir, un propriétaire raconte que sa maison, bâtie sur un sol argileux, s'est fissurée après une sécheresse reconnue par arrêté de catastrophe naturelle. L'expert de l'assurance a pourtant refusé la prise en charge, en attribuant les fissures aux racines d'un arbre proche de la maison. Un modérateur du forum lui conseille de contester et de faire réaliser une contre-expertise à ses frais.
Ce cas montre que le risque n’est pas seulement les fissures elles-mêmes : un arbre trop proche peut aussi faire perdre l’indemnisation au titre de la catastrophe naturelle, puisqu’il devient une cause « ordinaire » des dégâts. Plus l’arbre pousse vite et grand, plus il boit, et plus la règle de la hauteur adulte compte. Indépendamment de l’argile, le Code civil impose de planter à au moins 2 m de la limite de propriété tout arbre destiné à dépasser 2 m de haut.
Planter pour qu’il pousse vraiment vite
- La saison. De novembre à mars, hors période de gel. Un arbre planté à l’automne profite des pluies d’hiver pour s’enraciner avant son premier été. Notre article quand et comment planter un arbre détaille la plantation pas à pas.
- La taille du plant. Un jeune plant de 1 à 1,50 m reprend mieux et rattrape souvent en trois ou quatre ans un sujet planté plus gros, qui souffre davantage de la transplantation.
- Le tuteur. Indispensable dans un jardin venté les deux ou trois premières années, posé du côté des vents dominants.
- Le paillage et l’arrosage. Un paillage épais au pied et quelques arrosages copieux les deux premiers étés font plus pour la vitesse de pousse que n’importe quel engrais.
Quand faire appel à un paysagiste ?
Planter un jeune arbre reste accessible à tout le monde. Un paysagiste devient utile pour choisir l’essence selon votre sol et la place disponible, pour planter un sujet déjà grand qui demande des engins, ou pour remplacer un arbre devenu trop imposant près de la maison.