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Quand et comment planter un arbre

Quand planter un arbre selon qu'il est en racines nues, en motte ou en conteneur, et comment le planter pas à pas, du trou au premier été.

Ce qu'il faut retenir :

  • Le meilleur moment va d'octobre à avril, hors sol gelé ou détrempé, et l'automne reste la saison la plus sûre.
  • Un arbre en racines nues ne se trouve que de novembre à mars. En conteneur, il se plante toute l'année, mais demande moins d'arrosage s'il est planté à l'automne ou en hiver.
  • Le trou se creuse large, environ trois fois le diamètre des racines, et jamais plus profond qu'elles. Planter trop profond est une cause fréquente de mort des jeunes arbres.
  • Le premier été décide de la reprise. Par temps sec, la RHS conseille 30 à 50 litres d'eau par mètre carré et par semaine.
Deux personnes en bottes plantent un jeune arbre dans une prairie, l'une rebouche le trou à la bêche

Un arbre se plante d’octobre à avril, quand il est au repos et que le sol n’est ni gelé ni détrempé. L’automne reste la saison la plus sûre, parce que les pluies d’hiver installent les racines avant le premier été. Le choix de l’essence se fait avant, et nos articles sur l’arbre pour un petit jardin et les arbres à croissance rapide aident à le faire. Celui-ci s’occupe du moment et du geste. Pour un pommier, un pêcher ou un figuier, le calendrier a ses nuances, détaillées dans l’article sur quand planter un arbre fruitier.

Le vieux dicton « à la Sainte-Catherine, tout bois prend racine » fixe la date au 25 novembre. Il tombe juste pour les arbres vendus en racines nues, qui arrivent en jardinerie à partir de la fin octobre d’après la RHS. La Royal Horticultural Society (RHS), qui publie un guide de plantation des arbres et arbustes, donne une fenêtre plus large, d’octobre à avril, et rappelle qu’une plantation d’automne ou d’hiver demande moins d’arrosage qu’une plantation de printemps.

Racines nues, motte ou conteneur, le calendrier change

La façon dont l’arbre est vendu décide de la date. Un arbre en racines nues est arraché en pleine terre pendant son repos et vendu sans terre autour des racines. Un arbre en motte garde une boule de terre emballée dans un filet ou une toile. Un arbre en conteneur a poussé en pot et peut se planter presque à tout moment.

Quand planter selon le mode de vente

Mode de ventePériode de plantationCe qui compte
Racines nuesDe novembre à mars, pendant le repos de l'arbrePlanter dès l'achat, ou mettre en jauge (racines couvertes de terre dans une tranchée) en attendant. Faire tremper les racines une demi-heure avant de planter.
En motteEn automne et en hiverGarder la motte entière jusqu'au trou. Elle convient aux persistants et aux sujets déjà grands.
En conteneurToute l'année, hors gel et sécheresse, de préférence d'octobre à avrilBien arroser le pot avant de le retirer. Démêler les racines qui tournent en rond au fond du pot.

D'après le guide de plantation de la Royal Horticultural Society (rhs.org.uk), consulté le 15 octobre 2026. Dans tous les cas, la RHS déconseille de planter dans un sol gelé ou gorgé d'eau.

Les racines nues ont deux avantages que la RHS met en avant. Elles coûtent moins cher que les arbres en pot et s’installent souvent mieux, parce que leurs racines n’ont jamais tourné dans un conteneur. Leur contrainte tient au calendrier, car elles ne supportent ni l’attente à l’air libre ni une plantation après le débourrement. Un arbre en conteneur laisse plus de liberté, mais un sujet planté en mai ou en juin devra être arrosé tout l’été pour compenser des racines encore cantonnées à la motte.

Planter pas à pas, le trou large et le collet au ras du sol

La RHS conseille de creuser un trou au moins trois fois plus large que les racines, et jamais plus profond qu’elles. La largeur compte plus que la profondeur, car les jeunes racines partent à l’horizontale dans la terre ameublie. On griffe les parois du trou à la fourche quand le sol est tassé, pour que les racines n’y butent pas comme dans un pot.

Collet au niveau du sol ni enterré, ni déchaussé Paillage de 5 cm au moins 10 cm libres autour du tronc Tuteur bas, si besoin retiré après deux saisons trou : au moins 3 fois la largeur des racines profondeur = racines pas plus

Schéma large, faites glisser horizontalement →

Coupe de principe d'une plantation, d'après les recommandations de la Royal Horticultural Society. Les proportions sont indicatives.

Le point décisif est la hauteur du collet, cette zone où le tronc s’évase pour devenir racines. Il doit se retrouver au niveau du sol une fois la terre tassée. La RHS cite la plantation trop profonde comme une cause fréquente de mort des arbres, et recommande de gratter le terreau qui recouvre parfois le collet des arbres en pot. Sur un arbre fruitier, le point de greffe, ce bourrelet sur le bas du tronc, reste lui aussi hors de terre.

La terre extraite sert à reboucher, glissée entre les racines pour chasser les poches d’air, puis tassée sans être damée. Contrairement à une habitude répandue, la RHS indique que le compost au fond du trou repose sur peu de preuves et peut même gêner l’installation, et elle déconseille l’engrais à la plantation. Un arrosage copieux termine le geste en plaquant la terre contre les racines.

Le tuteur n’est pas systématique. La RHS juge qu’un petit arbre n’en a pas besoin et le réserve aux sujets grands ou lourds de tête. Dans un jardin exposé au vent, comme sur une bonne partie de la côte costarmoricaine, un tuteur bas posé du côté des vents dominants limite le basculement de la motte. Les attaches se vérifient au printemps et à l’automne pour ne pas étrangler le tronc, et le tuteur se retire au bout de deux saisons de croissance.

Sol lourd ou détrempé, adapter la plantation

Un sol argileux retient l’eau en hiver. Planter dans un trou qui se remplit d’eau revient à noyer les racines, et un trou creusé dans l’argile se comporte comme une cuvette. La RHS propose dans ce cas de choisir une essence qui supporte les sols humides, de drainer, ou de planter sur une butte d’environ 25 à 30 cm de haut et d’un mètre de large. Le même raisonnement vaut pour une haie, que nous détaillons dans l’article sur la haie qui pousse vite.

La distance de plantation se décide aussi à ce moment. Un arbre qui dépassera 2 m se plante à 2 m au moins de la limite du voisin, d’après l’article 671 du Code civil, et notre article sur l’arbre d’ombrage montre jusqu’où son ombre portera selon la saison.

La vidéo, du trou à l’arrosage

La pépinière du Valauga, qui produit des arbres fruitiers, montre en quatorze minutes la plantation d’un arbre en racines nues, étape par étape. Le geste, qui consiste à étaler les racines puis à régler la hauteur de l’arbre dans le trou, se comprend mieux en images qu’en mots.

« Comment planter un arbre en racines nues (étape par étape) », chaîne La pépinière du Valauga sur YouTube.

Après la plantation, le premier été décide de la reprise

Un arbre planté en novembre a tout l’hiver pour développer ses racines, mais il les étend encore peu au-delà de son trou au moment des premières chaleurs. La RHS rappelle que la sécheresse touche souvent les jeunes arbres et que la terre peut être sèche autour des racines alors que la surface paraît humide. Elle conseille de vérifier en creusant à la truelle près de la motte avant d’arroser, puis, par temps sec pendant la saison de croissance, d’apporter 30 à 50 litres par mètre carré et par semaine, soit quatre à six arrosoirs, selon le sol.

Un arrosoir verse de l'eau au pied d'un jeune arbre fraîchement planté, maintenu par deux tuteurs et une ficelle
Un arrosage copieux au pied plaque la terre contre les racines juste après la plantation, puis entretient la reprise pendant le premier été.

La concurrence de l’herbe pèse autant que le manque d’eau. La RHS recommande de garder un cercle sans herbe d’au moins 1,20 m de diamètre autour du tronc pendant trois ans, et de le couvrir d’un paillage d’au moins 5 cm entre novembre et février, en laissant 10 cm libres autour du tronc pour éviter que l’écorce ne pourrisse. Notre article sur le choix du paillage compare les matériaux qui conviennent.

Se faire accompagner

Un jeune arbre en racines nues se plante sans outil particulier. Un paysagiste devient utile pour un sujet déjà grand, livré en motte et lourd à manœuvrer, pour un terrain humide qui demande une butte ou un drainage, ou pour choisir l’emplacement qui conviendra encore à l’arbre adulte dans vingt ans.

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